Un Marseille Roller Derby Club férocement attachant

Né de l’initiative d’une bande de copines en 2011, le Marseille Roller Derby Club a été le premier club de Roller Derby de la cité phocéenne et compte aujourd’hui plus d’une cinquantaine de licenciés, hommes et femmes. Enquête au sein d’un club qui en a dans le ventre.

 

Le Marseille Roller Derby Club (MRDC) c’est deux équipes. D’un côté les filles, les « Bloody Skulls » (traduisez « crânes ensanglantés »), de l’autre les mecs, connus sous le nom de « Chapacans ». Depuis maintenant plus de trois ans, le club marseillais fait vibrer sur ses terres ce sport venu tout droit des États-Unis, en respectant les règles de la fédération américaine de roller derby (Women’s Flat Track Derby Association). S’il est à l’origine un sport destiné aux femmes, son public s’est élargi au fil des années, jusqu’à également attirer des joueurs masculins.

« Allez les filles, en piste ! »

L’équipe que l’on rencontre au MRDC est celle des filles. À quelques détails sur les tenues des joueuses, on reconnaît sans problème les influences d’origine du derby : un savant mélange de rockabilly, de punk et de pin-up. Mais aussi l’influence du D.I.Y (« Do It Yourself ») qui fait loi dans cet univers depuis une quinzaine d’année. Car le derby, en plus d’être un sport, est également une véritable culture à part entière.
L’entrainement commence toujours de la même manière, par une séance de renforcement musculaire. Le roller derby n’est pas simplement du patin à roulettes : c’est un véritable sport de contact. Savoir encaisser les chutes et les ‘blocages’ des autres joueuses est indispensable à la bonne pratique de cet ovni-sport. C’est d’ailleurs ce que nous dit Rémy, entraineur des jeunes recrues (ou « Newbies ») :
« Ce qu’on leur montre en premier c’est apprendre à tomber sans se faire mal et aussi apprendre à freiner.». C’est pour ça qu’il y a trois niveaux dans l’équipe : les « newbies » (nouvelles recrues), les « fresh meat » (« viande fraiche ») et les « confirmées » ».
Car si ce sport nécessite de ne pas avoir froid aux yeux, toutes les conditions sont réunies pour que chacun(e) puisse apprendre à son rythme.
Après l’échauffement, le vrai temps fort de l’entrainement commence : on chausse les patins. À ce moment-là, on passe sur le « track » ou « piste » : de forme ovale, le track peut être incliné ou plat. En France, c’est la deuxième catégorie de track qui domine, on parle alors de « flat track ».

On the track.

Un match se déroule dans le « sens derby » (ou sens contraire des aiguilles d’une montre). Là, 2 équipes de 5 joueuses s’affrontent. Chaque équipe est composée d’une « jammeuse » ou « attaquante » et de 4 « bloqueuses ». L’une d’entre elle, le « pivot », est une bloqueuse qui peut devenir jammeuse plus tard dans le jeu. Les bloqueuses des deux équipes, regroupées ensemble au début du match, forment ce qu’on appelle « le pack ».
Un match dure 2 fois 30 minutes. Il se compose de plusieurs « jam », soit des actions ou « attaques » des jammeuses, de deux minutes maximum.L’idée est que les 2 jammeuses (les joueuses qui arborent des étoiles sur leurs casques) doivent dépasser le maximum de joueuses adverses pendant le jam (et ainsi marquer des points), en effectuant des tours de pistes en un certain laps de temps. Mais attention ! Car il s’agit d’éviter les bloqueuses de l’autre équipe, qui font tout pour leur barrer la route ou les projeter en dehors de la piste. La vitesse et le nombre de règles issues de la Fédération américaine nécessitent la présence de bon nombre d’arbitres les jours de match, dont certains eux-mêmes chaussés de patins.
Un sport plutôt impressionnant donc, nécessitant une bonne dose d’adresse et de sang froid. Mais un sport qui peine parfois à obtenir une reconnaissance en tant que tel.

La difficile conquête du Roller Derby.

Le Roller Derby, né dans les années 30 aux Etats-Unis, ne devient un véritable phénomène que dans les années 2000, quand il s’exporte dans le reste du monde : Europe, Asie, Amérique du sud ou encore Australie. Popularisé encore davantage par la sortie du film « Bliss », réalisé par l’actrice Drew Barrymore, le Roller Derby vit enfin ses heures de gloire après des années à n’être connu que de quelques passionné(e)s.

En 2010, c’est l’arrivée en France : Bordeaux, Toulouse et Paris voient naître les premières ligues de Roller Derby. Or, ce sport vient seulement d’être reconnu par la Fédération Française de Roller Sports (FFRS) à la fin de l’année 2014. Il était temps, car le nombre de licenciés a dépassé les 2500 l’an dernier. Mais alors que la team France s’est une fois encore illustrée par son talent à la coupe du monde de Roller Derby qui se tenait à Dallas l’an dernier, le sport n’est toujours pas reconnu par le Ministère français des sports et de la jeunesse. Une seule question demeure: à quand un vrai statut et de vrais moyens accordés à cet ovni-sport incroyable et ô combien légitime ?


Jessica Martinez

 

Les mardi et jeudi, de 19 à 21h30 au plateau sportif Jean Bousin (SMUC), 30 rue Callelongue 13.008 (parking haut) OU 65, Avenue Clot Bey, 13.008 (parking bas).
Plus d’infos: http://www.marseillerollerderby.com/mrdc/

 

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